L’épée et poignard chez les premiers auteurs Bolonais : Introduction

Cet article constitue l’introduction d’une série d’articles qui fait suite au travail mené pour la présentation de mon atelier sur l’épée et dague de Marozzo proposé lors du stage AMHE IDF à l’Isle Adam organisé par le Créatif. Je reprendrai dans cette série les différentes phases d’analyse et d’expérimentation qui ont été menées pour l’étude de cette combinaison d’armes. Nous sommes arrivés au final à décrire un système assez simple, malgré la complexité apparente à la lecture des différents chapitres de Marozzo. Néanmoins tout le travail sur ces armes est loin d’être achevé et d’autres articles viendront compléter cette première série quand nous serons plus avancés dans notre étude.

Commençons donc par réaliser un état des sources des traités en Italie pour le XVIe siècle.

Les sources

L’alliance de l’épée et du poignard, plus communément appelée dague par la suite, se retrouve régulièrement dans la pratique des personnes étudiant les traités de rapière à partir de la fin du XVIe et du XVIIe siècle (comme ceux de Saviolo, Fabris, Giganti, etc.), mais qu’en est-il auparavant ?

Pièce de rapière & dague chez Giganti
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Pièce de rapière & dague chez Giganti

Chez les Bolonais

Dans cette tradition, le premier auteur à utiliser cette combinaison d’armes est Manciolino en 1531 dans son Opera Nova. Celui-ci nous propose seulement 4 pièces dessus. Cinq ans plus tard, dans son traité nommé également Opera Nova, Marozzo quant à lui commence son second livre par l’épée – poignard et propose quatorze chapitres, soit dix-sept pièces en tout. Cette association est ignorée par Viggiani dans Lo Schermo, on la retrouve chez Dall’Agocchie en 1572, qui lui consacre toute la quatrième journée de son enseignement dans Dell’Arte di Scrimia. Par la suite quelques-uns des auteurs bolonais considérés comme secondaires nous en parlent aussi : Calvacabo en 1580 et 1597, Torquato d’Alessandri en 1609 et enfin Colombani en 1711.

Chez les autres italiens

En dehors de cette tradition, d’autres traités italiens montrent aussi cette association d’armes au XVIe siècle :

  • Ragione di adoprar sicuramente l’Arme de Camillo Agrippa en 1553,
  • Monomachia ovvero Arte di Scherma de Francesco di Sandro Altoni publié entre 1539 et 1569,
  • Ragione di adoprar sicuramente l’Arme de Giacomo Di Grassi en 1570.

Il en ressort donc ici que les auteurs bolonais seraient les premiers à nous présenter cette combinaison d’armes, je n’ai pas connaissance d’autres traités italiens les précédent.

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L’épée dague chez Di Grassi

Notre choix

Nous aurions pu étudier l’épée – dague sur plusieurs siècles chez les Bolonais et voir son évolution, mais nous avons décidé en premier lieu de nous concentrer sur les deux premiers traités, c’est à dire : l’Opera Nova de Manciolino et l’Opera Nova de Marozzo. Ces deux traités présentent de nombreuses similarités, comme nous le verrons dans le prochain article d’ailleurs, mais pour le moment notons les points suivants :

  • ils ont été publiés à une même période, nous n’avons donc pas à nous préoccuper de la possible évolution de la forme de l’arme entre les deux donc,
  • ils proposent un enseignement fondé principalement sur l’épée accompagnée de la petite bocle, au contraire des suivants
  • on retrouve en majorité les mêmes combinaisons d’arme : épée & bocle, épée & cape, épée & rondache, etc.
  • le système à l’épée – poignard proposé reste assez court pour une première étude.

Dans le prochain article, nous examinerons plus en profondeur les ressemblances entre ces deux traités sur les pièces d’épée – dague plus particulièrement

 

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