Anonyme Bolonais – Partie G – Pièce 17, 18 & 20

Voici une interprétation de 3 pièces similaires issues de l’anonyme bolonais.
Les positions de départ sont identiques, l’agent est en coda lunga stretta pied droit devant, et l’adversaire en coda lunga stretta ou porta di ferro avec le pied droit devant.
L’agent feinte une punta au flanc par le côté droit, retire l’épée et de là s’offre à lui plusieurs possibilités dépendant de la distance et de la parade adverse.

Pièce 17

Le texte :

Trovandosi il tuo nimico in coda lunga stretta, o in porta stretta di ferro, con il piede destro innanzi, tu ti potrai adagiare in coda lunga stretta, con il piede tuo manco innanzi, et quivi fargli sembiante di spingergli una punta a li fianchi per dalle sue parti destre et come, egli si desse a volersi schermire da tal sembiante, tu di presente potrai passare col tuo piede destro verso il suo manco lato raccogliendo in quel tempo alquanto indietro la mano da la spada, et in quelo tempo medesimo mandargli sucessivamente uno mezzo mandritto ne la sua spada fortissimamente, overo uno falso, sì che la sua spada per forza se inchini verso le sue parti destre, et incontinente gli potrai spingere una punta al petto, overo mandargli uno roverso per faccia o, per il braccio da la spada, che scenda in coda lunga larga et allhora la gamba manca devrà seguire l’altra, pur se egli si procacciasse di offenderti con colpo alcuno, tu subito potrai con uno falso di sotto in suso tirato, ferirgli la mano da la spada, ma per tuo schermo raccoglierai il piede destro indietro mandandogli seguentemente uno roverso per la detta mano, et che la spada scendi in coda lunga larga.

Ma traduction :

Ton ennemi se trouvant en coda lunga stretta ou en porta di ferro stretta avec le pied droit devant, tu pourras t’arranger en coda lunga stretta avec ton pied gauche devant, et de là faire semblant de lui pousser une punta au flanc par son côté droit. Et comme lui se doit de se défendre de cette feinte, tu pourras alors passer de ton pied droit vers son côté gauche en ramenant dans ce temps la main d’épée un peu en arrière, et dans ce même temps tu lui donneras ensuite un mezzo mandritto très fortement dans son épée, ou bien un falso, de sorte que son épée soit forcée de s’incliner vers son côté droit. Ensuite, tu pourras lui pousser une punta à la poitrine ou bien lui donner un roverso à la face ou au bras d’épée qui descendra en coda lunga larga, et alors la jambe gauche devra suivre l’autre. Mais s’il procède à t’offenser avec un coup quelconque, tu pourras aussitôt lui frapper la main d’épée avec un falso tiré de bas en haut. Pour te défendre, tu ramèneras le pied droit derrière en lui donnant ensuite un roverso à cette main de sorte que l’épée descende en coda lunga larga.

Nous effectuons ici un battement de l’épée adverse suite au retrait, d’après mon interprétation la façon dont on réalise le battement conditionne le coup final. Si on bat du falso, on frappe ensuite de roverso, si on bat du vrai-tranchant on frappe ensuite d’une punta. Cela vient de l’orientation de la lame suite au battement et on retrouve ici ce que nous dit Dall’Agocchie « mais quand vous l’avez battu avec le falso dritto, vous ne pouvez frapper que de taille ».

Pièce 18

Le texte :

Trovandosi il tuo nemico agiato in coda lunga stretta, overo porta di ferro stretta con il suo piede destro innanzi, tu ti potrai ponere in coda lunga stretta innanzi col tuo manco, et quivi dargli a vedere di volergli spingere una punta a li fianchi dal suo destro lato, et come egli si volesse da tal vista schermire, tu in quello tempo potrai col tuo piede destro passare verso le sue parti manche raccogliendo la mano da la spada alquanto indietro, et di presente spingergli una punta a la sua mano da la spada, overo gli potrai ferire la detta mano con uno mezzo mandritto, che scenda in porta stretta di ferro, ma sì che’l piede manco sia fedele seguitatore del destro.

Ma traduction :

Ton ennemi se trouvant arrangé en coda lunga stretta ou en porta di ferro stretta avec son pied droit devant, tu pourras te mettre en coda lunga stretta avec ton pied gauche devant, et de là lui donner à voir de vouloir lui pousser une punta au flanc par son côté droit. Et quand il voudra se défendre de cette feinte, toi dans ce temps tu pourras avec ton pied droit passer vers son côté gauche en ramenant la main d’épée un peu en arrière et à présent lui pousser une punta à sa main d’épée ou bien lui frapper cette main avec un mezzo mandritto qui descendra en porta di ferro stretta, avec le pied gauche étant le fidèle suiveur du droit.

On trouve ici un classique de l’anonyme bolonais qui est de frapper dans la main. On peut supposer que cela se réalise dans le cas d’une distance plus lointaine, soit de par la position de départ, soit de par le fait que l’adversaire a pu reculer dans sa parade, soit simplement de la main en réalisant une parade bras court, soit de tout son corps. Ici encore, on a le choix entre une riposte d’estoc ou de taille dans la main

Pièce 20

Le texte :

Se tu trovasti il tuo nimico posto in coda lunga stretta o, porta di ferro stretta con il piede destro innanzi, tu ti potrai agiare in coda lunga stretta con il piede manco innanzi et quivi raccolto il tuo destro piede vicino al compagno subito gli farai veduta di spingergli una punta alli fianchi dal [sue] suo destro lato, et come egli la volesse schermire, tu raccogliendo la mano da la spada alquanto indietro gli potrai seguentemente fargli una altra vista, di una altra punta al petto da suo sinistro lato scorrendo in quel tempo col tuo manco piede alquanto innanzi, et mandargli sucessivamente una punta al petto da le sue parti destre, o pur a la mano da la spada overo se più ti piacesse uno mezzo mandritto al braccio di detta spada, agiandoti poi in coda lunga stretta con il predetto piede innanzi.,

Ma traduction :

Si tu trouves ton ennemi en coda lunga stretta ou en porta di ferro stretta avec le pied droit devant, tu pourras t’arranger en coda lunga stretta avec le pied gauche, et là tu ramèneras le pied droit à côté de son compagnon et tu feras aussitôt voir de lui pousser une punta au flanc par son côté droit. Et quand il voudra s’en défendre, tu ramèneras ta main d’épée un peu en arrière et tu pourras ensuite lui faire une autre feinte d’une autre punta à la poitrine à son côté gauche, en marchant dans ce temps avec ton pied gauche un peu devant. Et tu lui donneras ensuite une punta à la poitrine à son côté droit ou à sa main d’épée, ou bien si cela te plait plus, un mezzo mandritto dans le bras d’épée, t’arrangeant ensuite en coda lunga stretta avec ce pied susdit devant.

Dans cette troisième pièce, nous réalisons une seconde feinte d’estoc pour ensuite finir avec un estoc du côté droit. Il n’est pas préciser comment faire cet estoc, dans l’interprétation ci-dessous, j’ai réalisé une tromperie (ie. cavation) qui permet de revenir pousser l’estoc facilement du côté droit. A noter que retirer le bras en arrière serait plus indiquer afin de pouvoir frapper la main d’épée de l’estoc.

L’interprétation

 

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