La double épée de Manciolino – Première partie

Dans le quatrième livre de l’Opera Nova de Manciolino, le chapitre 11 est consacré au jeu avec deux épées. Ce jeu est décrit sous forme d’un assaut, l’élève part d’un coin de la salle et réalise des embellissements jusqu’à arriver à distance de son adversaire (qui fait probablement de même depuis l’autre coin de la salle).

Voici la traduction de la partie concernée :

Suivent maintenant les coups qui se font dans le jeu ainsi que le retour du jeu, comme fait dans les assauts à l’épée bocle dans le second livre. Etant proche de ton ennemi et toi voulant le frapper, tu iras avec le pied droit devant en lui poussant une punta dans la face et en tirant ensuite un roverso à la jambe de sorte que ton épée droite tombe en coda longa e stretta et que la gauche aille en guardia di testa. Tu guideras rapidement le pied gauche vers son côté droit en lui tirant un fendente à la tête avec l’épée gauche, laquelle tombera en porta di ferro stretta de sorte que le pied droit suive le gauche. Là, tu chasseras les deux pointes en avant en croisant les épées pour te couvrir de sorte que l’épée droite soit au-dessus de la gauche.
Tu passeras ensuite avec le pied droit vers son côté gauche en lui tirant à la tête avec l’épée droite un mandritto en porta di ferro, et avec la gauche tu te couvriras en guardia di testa, avec le pied gauche derrière le droit.

Comme de coutume, nous n’avons ici que la partie de l’agent qui est décrite par Manciolino, il a donc fallu déduire les gardes et actions adverses. Pour rappel un assaut est un outil pédagogique et non une description précise d’une situation de combat, vous pouvez vous référer à l’article « Qu’est ce qu’un assaut » pour en savoir plus.

La première attaque est un estoc au visage suivi d’un roverso à la jambe, on peut supposer légitimement que l’on attaque par le côté droit de l’adversaire, i.e. par l’extérieur de son épée droite, afin que celui-ci couvre son côté supérieur droit, ici avec un falso manco, afin que l’on puisse frapper aux jambes facilement par la suite. Manciolino n’utilisant que deux combinaisons de gardes, chacune couvrant un côté, l’adversaire se situe donc en porta di ferro stretta avec l’épée droite et en guardia di testa de l’épée gauche. Tout au long de cette action notre épée gauche sera en guardia di testa afin de protéger la main qui attaque.

Vient ensuite le fendente à la tête avec l’épée gauche. J’ai choisi d’interpréter cette frappe comme une parade et non une attaque. En effet, nous venons d’enchaîner deux coups à l’adversaire, selon la théorie des temps de Dall’Agocchie, il est en droit de riposter. Celui-ci utilise donc son falso défensif comme armement d’une frappe de roverso sgualembrato, cet angle est celui qui fait le plus sens par rapport à notre épée gauche qui est guardia di testa. On vient donc parer cette frappe d’un fendente de l’épée gauche. Je pense que la précision de « à la tête » est ici faite pour désigner l’axe de la cible (cela aurait pu être exemple avec un fendente « aux mains ») plutôt que la cible finale en elle même (on retrouve cette utilisation d’axe de cible à d’autres endroits dans les sources).

Puis vient la parade avec les épées croisées, on considère ici que l’adversaire frappe de son épée gauche, cela nous permet ainsi de riposter avec la l’épée droite suite à cette parade d’un mandritto à la tête à son côté gauche qui se trouve alors totalement découvert.

Voici l’interprétation en vidéo dans laquelle je réalise la partie décrite par Manciolino et Catherine fait celle de l’adversaire que nous venons de détailler.

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